Zodiaque - les Gémeaux

Zodiaque


A chaque changement de signe, sera publié un texte d'Howard Crowhurst sur sa perception des énergies du moment.



21 juin

Le Cancer


Etre actif dans la détente et détendu dans l’action.




Le signe astrologique du Cancer, qui commence au solstice du 21 juin, marque le début de l’été dans l’hémisphère nord de la Terre. La durée du jour va commencer à diminuer, de façon presque imperceptible, mais la chaleur augmente et nous conduit vers les canicules lorsque, dans le signe du Lion, l’étoile Sirius de la constellation du Chien réapparaît après son occultation par le Soleil.


Le mois de juin qui, jusqu’à l’époque de Jules César, commençait à la nouvelle Lune proche du début du Cancer, tire son nom de la déesse romaine Juno, écrit aussi Iuno, reine des dieux et protectrice du mariage. Son nom est aussi l’origine du mot “jeunesse” en français, “junior” en anglais, alors que le mot “majeur” vient du mois de mai. Juno symbolise donc la vitalité et son association au mois de juin est une indication précieuse pour comprendre l’énergie du Cancer.

Les anciens romains associaient cette énergie à la naissance de la nouvelle Lune, qui marquait le début de chaque mois dans leur calendrier. La nouvelle Lune du début du Cancer s’appelait “Iuno Regina”, la Lune Reine, et elle influait sur tout le signe. C’est la nouvelle Lune qui est le plus haut dans le ciel de toute l’année car elle est à côté du Soleil du solstice d’été. Au contraire, la pleine Lune de cette période est celle qui monte le moins haut dans le ciel au cours de la nuit. La montée de la Lune de juin vers son union avec le Soleil était marquée par une très grande fête en Egypte, appelée la fête de la Bise au Soleil. A la pleine Lune à la fin du signe des Gémeaux (ou au début du Cancer), la statue de la déesse Hathor, qui avait les traits d’une vache, était sortie de l’obscurité du temple de Denderah et portée jusqu’à un bateau sur le Nil. Le bateau remontait le Nil sur plus de 150 km jusqu’au temple d’Horus à Edfou où, à la 8e heure du jour de la nouvelle Lune, l’union sacrée de Horus et de Hathor avait lieu. Ensuite démarrait une période de fête de 14 jours, période durant laquelle Hathor redescendait le Nil vers Denderah en même temps que la Lune descendait dans le ciel jusqu’au moment de sa plénitude. L’association de cette période de l’année avec le mariage existe toujours. Dans les communes rurales de France, 59% des mariages ont lieu entre juin et août.

Les nouveau-nés qui inspirent leur première bouffée d’air dans le signe du Cancer sont donc fortement marqué durant leur vie par cette énergie, que l’on associe à l’eau jaillissante de la source, jamais tranquille, comme un enfant excité. Cette période d’union inscrit aussi les valeurs de la famille et la force des liens qui peuvent cependant devenir un obstacle dans la quête de la liberté et la recherche de son individualité. Cette lutte entre “moi” et “ma famille” est un thème récurrent pour ceux et celles qui sont marqués par ce signe.


Le vitrail de Chartres qui représente le Cancer montre une bête symétrique, scindé en deux par sa colonne vertébrale qui semble représenter la moelle épinière avec ses 31 segments. C’est un canal par lequel beaucoup d’informations montent et descendent. Cet animal est une écrevisse, bien que ses pinces soient toutes petites, ancien symbole du Cancer (aujourd’hui représenté par un crabe). Son visage est à l’envers et sa bouche est ouverte vers le ciel. Au-dessus est un petit disque blanc qui pourrait être la Lune. Il est entouré d’eau bleue. Il donne l’impression d’avoir une mobilité difficile, malgré ses nombreuses pattes, comme s’il s’agitait sans pouvoir agir.

L’écrevisse, puis le crabe, symbolise le carapace, une croute dure extérieure qui masque une fragilité intérieure. Le mot écrevisse en grec ancien καρκίνος, karkinos vient de l’indo-européen commun kar (« dur ») qui a donné karkar puis kanker et qui explique l’origine du nom de la maladie et ses tumeurs dures. Nous voyons donc les natifs du Cancer comme des enfants, protégés (voire emprisonnés) par la coque de leur éducation familiale.

Or, la Lune fut représentée en Egypte par un miroir, objet qui réfléchi et que l’on ne regarde pas. La Lune n’a pas de lumière propre et elle est impossible à voir si elle n’est pas éclairée par une autre source, principalement le Soleil mais parfois la Terre. La lumière de la Lune est argenté, ce qui a donné son nom à notre moyen d’échange, l’argent, qui n’a pas de valeur propre mais qui reflète la valeur d’autre chose. Saint-Paul a écrit que “l’amour de l’argent est la racine de tous les maux” indiquant le danger de voir le vrai dans ce qui n’est qu’un reflet et ainsi se tromper de chemin. Cette relation des natifs du Cancer avec l’argent est de nouveau signalé par Juno, par le nom de son temple Junon Moneta sur le capitole à Rome où les pièces de monnaie étaient frappées. Moneta a donné le mot “monnaie” en français et “money” et “mint” (lieu où la monnaie est frappée) en anglais mais son origine est surement liée à la Lune (moon en anglais et monat qui signifie “mois” en allemand).

21 mai

Les Gémeaux


Partager le travail et apprendre à aimer ceux qui ne sont pas comme moi.



Pour clore le printemps et nous conduire jusqu'au solstice d'été, nous vivons les journées lumineuses du signe astrologique des Gémeaux. Le Soleil monte doucement vers son zénith annuel alors que la pleine Lune perd sa puissance et reste proche de l'horizon sud. Cependant, ce n'est pas encore les grandes chaleurs et le fond de l'air peut rester frais en soirée. Le climat reste incertain. Le contraste des ombres est saisissant : très longues le matin et le soir et très courtes à midi.


Les Gémeaux évoquent la dualité, le principe des énergies qui s'opposent, mais pas nécessairement le combat. Ce sont les opposés qui se ressemblent, des jumeaux, les deux aspects de notre être. Cette nature double est remarquablement représentée dans le vitrail de Chartres sur le Gémeaux, Gemini en latin. On voit deux personnages blancs. Un premier regard donne l'impression qu'ils se tournent autour, effectuant une sorte de danse. Mais en regardant de plus près, la position de leurs mains et de leurs pieds montre qu'ils nous font face tous les deux. Pourtant, il y a un des deux qui n'a pas de visage et vu l'état de conservation du reste du vitrail, ce fait semble être voulu. Or le visage est l'expression de notre personnalité, mot qui vient de persona en latin qui signifie "masque".


On peut donc comprendre que ces deux personnages représentent notre essence et notre personnalité. Le premier, sans visage, a trait à notre cœur, à notre être profond et souvent muet, à notre jardin secret, à nos sentiments. Le second est la manifestation de notre rôle dans la société, acquis au cours de notre vie, au début par imitation des grandes personnes et ensuite principalement par notre éducation. Alors que notre personnalité est une formation extérieure, c'est pourtant nous-mêmes qui avons choisi nos influences, à partir d'un certain âge. Elle peut donc être comprise comme un reflet de notre essence, tout comme la lumière de la Lune est un reflet de celle du Soleil.

Dans la partie gauche de ce vitrail, un cavalier est debout à côté de son cheval blanc qui broute. Il tient un étendard marqué d'une croix grecque, symbole des axes cardinaux. Ce chevalier représente-t-il le Soleil, faisant une halte à sa station d'été au nord ? Son casque semblerait bien donner cette indication. Car autrefois, on savait bien que le Soleil, symbole du Soi, était immobile et qu'il lui fallait un cheval pour avancer. Sa solitude, son immobilité et son œil unique contrastent avec la dualité agitée des Gémeaux.

Dans ce vitrail nous découvrons finalement deux sortes de dualité : celle des énergies des Gémeaux, qui s'opposent dans la manifestation, et celle qui confronte le monde manifesté terrestre au monde non-manifesté spirituel, le Soi profond, notre dimension solaire, immobile et observateur.


C'est bien cette dualité-là qui est magistralement représentée dans la croix double située dans le signe des Gémeaux, dans le grand zodiaque de Locronan en Bretagne.


D'un côté nous trouvons la Vierge et l'enfant Jésus, image de tendresse et de sentiments humains, et de l'autre le Christ crucifié sur la croix, ses mains et ses bras immobilisés et son corps tenu dans une position verticale. Car les mains et les bras, bien qu'il y ait une gauche et une droite, s'unissent pour nous conduire dans l'action et font que nous nous perdons dans la manifestation, nous nous oublions nous-mêmes, pris dans le tourbillon des forces opposées de la vie. Pour nous rappeler de notre dimension spirituelle, nous devons être attaché à un axe, tel Ulysse au mat de son navire, car sans cela, nous n'avons pas la force de résister aux sirènes de l'existence.

Cependant, nous pouvons constater que le visage du Christ n'exprime pas de souffrance (c'est un trait qui fut introduit à la Renaissance) et qu'il accepte volontiers cette position qui ouvre son cœur au monde, brisant la séparation entre le Moi et les autres.

20 avril

Le Taureau


Garder le contact entre ses pieds et le sol.


Le taureau de la cathédrale de Chartres regarde le ciel avec un œil unique. Il nous montre ainsi la fermeté de son intention qui est de rejoindre les domaines spirituels.

Ses quatre pieds cependant sont exagérément grands, accentuant l'importance de sa relation à la terre. Car, quel que soit son désir d'élévation, son corps est bien solide et pesant. Comment résoudre ce dilemme ?


La réponse à cette question nous est peut-être suggérée par ces végétaux qui jaillissent de ses reins, dont un est greffé avec une tige rouge. 

Nous voyons ici le symbole de la ré-orientation de la sève blanche pour obtenir une substance ignée, servant au feu de la conscience.

Car son activité reproductrice démesurée n'est pas compatible avec son orientation spirituelle et pour le faire travailler, afin d'atteindre son objectif, son énergie sexuelle doit être redirigée.

Dans l'antiquité égyptienne, le taureau était vu comme l'incarnation de la puissance divine sur terre. Le bœuf, dont la puissance sexuelle était recanalisée, représentait l'asservissement des désirs afin d'atteindre la perfection spirituelle. Ce but exigeait un travail sur soi long et difficile, équivalent au labourage de la terre nécessaire à la germination des semailles. Cette idée nous est transmise par le mot « culte », de même origine que culture et cultiver. Sans ce bœuf céleste, aucune récolte ne serait possible.

Photo : Le signe astrologique du Taureau à la cathédrale de Chartres.


A la cathédrale de Laon, seize bœufs grandeur nature, marquant les quatre directions ordinales, coiffent ses tours vertigineuses. Que font-ils là, perchés au plus haut, regardant d'un air amusé les humains grands comme des fourmis? Pourquoi les avoir éloignés de la terre, leur lieu de prédilection, le plateau des vaches, pour leur donner la place d'honneur dans la plus haute construction terrestre depuis les pyramides?

Car la cathédrale de Laon, démarrée en 1150, annonce le début d'un élan mystérieux vers les sphères célestes. Avec Sens, Noyon, Senlis et Soissons, ces édifices que nous appelons bizarrement l'architecture « gothique primitive», sont l'expression d'une détermination spirituelle qui nous laisse sans voix. Ils inspireront le peuple de toute la France de l'époque, qui participera à un travail d'une intensité inouïe.

La grâce de Laon, avec ses tours en dentelle, est accentuée par sa position, dominant la plaine, au-dessus de la brume. Alors, pour quelle raison les a-t-on surmontées d'un animal qui symbolise, à priori, la lourdeur et la besogne? Peut-être faudrait-il reconsidérer cette image terre à terre du bovin.

Photo : Un bovin de la cathédrale de Laon.


Dans le culte de Mithra, religion pré-chrétienne à mystères, d'origine indo-persane, le symbolisme du sacrifice du taureau jouait un rôle central. Sur l'ordre du Soleil qu'il regarde par-dessus son épaule, Mithra tranche la gorge du Taureau, dont le sang va fertiliser la terre. Les forces sexuelles, représentées par un chien, un serpent et un scorpion, mordent l'animal pour s'opposer au sacrifice et à la fécondation du monde. Ces représentations sont bien symboliques, car il n'y a aucune trace qu'un tel rite fut réellement exécuté. Il se peut, cependant, que les corridas soient une dérive de ce mystère.

Alors, nous sommes prévenus. Le chemin vers les sommets spirituels semble passer par le sacrifice et ensuite l’effort et la sueur.

Photo : Tauroctonie dans le culte de Mithra (Musée national de Rome).


Mais revenons à la direction du regard du taureau, car c'est lui qui nous relie à notre dimension céleste.  Le centre d'une cible se dit "bull's eye" en anglais (l’œil du taureau), ce qui traduit une capacité du taureau à rester concentré sur l'objectif. L'étoile principale de la Constellation du taureau, Aldébaran, est aussi connue sous le nom d’œil de taureau, mais sa traduction depuis l'arabe signifie le "suiveur". Ce nom fait référence au regard du taureau, braqué sur les Pléiades, de jeunes vierges, qu'il suivra sans cesse dans le rond éternel des étoiles.

Photo : Constellation du Taureau.


On peut dire donc que le taureau a une capacité innée de traqueur et qu'une fois sa "proie" dans sa ligne de mire, il n'est pas prêt à lâcher le morceau. Toutes ces réflexions nous conduisent donc à ce qui semble être le grand défi des taureaux : le lâcher-prise.

Une autre caractéristique du bovin est son système de digestion. C'est un ruminant comme les ovins et les caprins. Selon Wikipédia :

[Il] pratique la régurgitation qui autorise une deuxième phase de mastication, ce qui fait pleinement partie du cycle de la digestion. Les régurgitations sont mélangées avec de la salive et mastiquées à nouveau, puis de nouveau ingérées. Les ruminants, par cette méthode, parviennent à se nourrir d'une plus grande quantité de végétaux, et même certains très pauvres en énergie.
Le bovin mastique beaucoup mais tranquillement. Souvent, son seul mouvement est le broyage circulaire de ses mâchoires.

Photo : Le système de digestion des bovins.


Dans le domaine des énergies plus fines, le cadre astrologique, il s'agit donc d'une capacité de transformation d'énergies non-mobiles par le biais de la récapitulation, la pratique de revenir sur des événements passés pour leur faire "cracher" les substances qui y sont enfermées afin de les utiliser pour sa propre évolution. C'est bien la même idée que celle exprimée par le taureau de Chartres.

La partie du corps attribuée au Taureau est donc la bouche et la gorge.

Photo : L'aspect féminin du taureau.


21 mars

Le Bélier


Se manifester dans la joie.


Avec le printemps arrive le Signe du Bélier, le premier signe du zodiaque.

Après le froid de l'hiver dans tout l’hémisphère Nord, c'est un moment que l'on attend avec joie. C'est le retour de Perséphone depuis les entrailles de la terre. La sève remonte, les branches bourgeonnent, les couleurs apparaissent, les jours sont plus longs que les nuits, les cœurs sont plus légers, la saison des amours bat son plein.

Cette énergie montante, le feu des entrailles, donne une forte capacité de productivité et un désir de faire la fête, de "s'éclater".



C'est la puissance de Mars, planète qui domine le Bélier et qui donne aussi son nom à ce mois. Connu comme le dieu de la guerre chez les Romains, Mars est à l'aise dans les combats mais a tendance à s’entêter. C’est pour cela qu’il faut faire attention !

Cette énergie peut monter à la tête, la partie du corps correspondant au signe du Bélier, et y effacer la raison. S'il n’y a aucun regard porté sur elle, s'il n’y a pas de frein à son déploiement, les résultats peuvent être excessifs et chaotiques, voire destructeurs.

Dans les représentations du Signe du Bélier au Moyen-Âge on associait une image de la taille de la vigne ou des arbres fruitiers, faite pour freiner ces poussées énergivores, ainsi que le bêchage de la terre qui viendra aérer le sol.




Dans un médaillon de la cathédrale d’Amiens qui correspond au signe du Bélier, on voit une vigne vigoureuse qui serpente autour de son tuteur, lui faisant perdre sa verticalité. Un homme appuie avec son pied pour bêcher le sol juste à côté.

Dans le médaillon au-dessus, un arbre pousse depuis les reins du bélier, Indiquant la puissance de sa sève sexuelle. On voit l'animal avec la tête baissée, prêt à foncer sur un éventuel obstacle.




Allée de sphinx criocéphale (tête de Bélier) à Karnak.




Cependant, le Bélier est aussi souvent représenté avec son regard tourné vers l'arrière. C'est comme cela que l'on le voit sur le zodiaque de Denderah, fait vers l'an -50 en Égypte, mais aussi dans un vitrail de la cathédrale Chartres.

Ce fait peut sembler étrange pour un animal qui a la réputation de défoncer des portes avec sa tête mais il représente justement l'autre aspect du Bélier car, s'il ne réfléchit pas avant d'agir, il peut être pris de remords face aux résultats de ses actions. Dans son regard en arrière, il exprime des regrets pour son passé.


Le Bélier dans le zodiaque de Chartres.

La fête de Pâques, la plus importante de tout le calendrier liturgique chrétien, tombe généralement pendant le signe du Bélier, au moment de la pleine Lune. C'est à ce moment que les énergies montantes de notre satellite, associées à celle du Bélier, peuvent donner les meilleurs résultats dans un travail intérieur intense ou, si elles sont laissées sans contrôle, peuvent provoquer le plus de dégâts. C'est ici que chacun fait son choix.

Le mois de Mars en anglais se dit March et nous renvoie vers le cheval (marc'h en Breton ou mare en anglais) qui est l'animal qui donne le mouvement au Soleil et qui symbolise les émotions sur le plan humain. C'est une période difficile mais intéressante pour notre travail sur les émotions, sur la force de notre intention mais aussi sur notre impétuosité et les regrets qu'elle peut engendrer. Nous pouvons tenter de prendre du recul et voir nos émotions en action plutôt que d'en être le jouet.